Le Gouvernement
Peu de mots suffisent à décrire « Le Gouvernement », le concept du morceau étant on ne peut plus excplicite. Mais s’il fallait apporter plus de précisions, dans l’optique de mieux s’accaparer ledit concept, la rédaction d’amermaroc.com vous propose son analyse du « Gouvernement ». Nous aborderons donc la genèse du morceau ainsi que, les idées mises en avant par les différents intervenants. Ceci pour ouvrir le débat sur la portée que pourrait avoir ce single.
A tout édifice, nécessite une fondation. Celle du « gouvernement » est bien évidemment la production musicale. Ares en sa qualité de producteur, est le compositeur de cette fabuleuse mélodie qui rythme les propos des acteurs du morceau. Le thème quant à lui nait d’une discussion entre Ares et Sawa.
L’idée qui sera retenue de cette conversation a été développée tout au long du morceau par les 4 participants. Il s’agissait donc de simuler la vie politique d’un gouvernement au sein d’une république fictive, la République de Bamboula. Veuillez noter que l’autodérision est ici omniprésente. ‘Bamboula ‘ est le terme utilisé sous d’autres cieux pour désigner les noirs africains. Au Maroc son équivalent serait donc ‘Azia’. Le gouvernement Bamboula est en fait celui de la République des « blakis». Le décor est planté et, voici la chronologie des évènements.
L’histoire commence avec la campagne présidentielle, jalonnée de grandes idées et de multiples promesses. Elle se poursuit par une allocution du ministre de l’intérieur et de « l’enjaillement ». Suite à quoi, il s’écoule 5 années de mauvaise gestion et de non respect des engagements pris auparavant. La situation du pays allant de mal en pis, le premier ministre intervient pour remettre une couche de démagogie. Alors que le peuple commence à ne plus cautionner les agissements de ce pseudo gouvernement, le ministre de la défense prend à son tour la parole pour mettre tout le monde d’accord.
Il faut tout même signaler que le propos d’Amer n’était nullement de tourner en ridicule le mode de fonctionnement de nos républiques d’Afrique. Car si l’idée générale qui émane de ce morceau est assez dérisoire, on ne peut ne pas remarquer l’hommage rendu aux grands hommes d’Etat qui ont marqué l’histoire de ce continent. Une ode dédiée à Mobutu suivi de son discours fortement engagé et toujours d’actualité, constitue le prologue de ce titre. Ensuite Sawa, comme un bon nombre de ses homologues il est élu le président à vie, remet sur la table la notion du panafricanisme. Une seule nationalité, une seule monnaie, une seule politique, telle était la vision de Kwamé N’Krumah. Le retour de propriété de nos terres et de nos richesses est un autre point du programme. D’où les honneurs rendus à Robert(Bob) Mugabé. Celui là même qui osa exproprier les blancs du Zimbabwe au profit des autochtones.
Mais tout ceci n’est que pure poésie. Car politique et démagogie sont quasi indissociables. C’est bien ce que nous rappelle Ares le ministre de l’intérieur et de l’enjaillement. En promettant au peuple monts et merveilles : « Visa pour tous, Vivres pour tous, Meilleurs salaires, meilleures conditions pour tous ! » Lorsqu’au bout de 5 années d’exercice, les conditions du peuple bamboula ne se sont guère améliorées, le premier ministre Sol’E dresse un bilan peu glorieux de la gestion des ressources du pays : « Les fonds sont transférés dans mes comptes en Suisse, Sans crainte de contentieux en suite » Investit du pouvoir qui est le sien, le premier ministre ne craint rien ni personne, « La rue est sans pouvoir ». De plus en cas de représailles, il peut compter sur son « bras droit, le chef des régiments » qui n’est autre que le ministre de la défense en Etat de crise. « En tant que gérant des forces armées, ma fonction est d’infliger des sanctions à tous les dissidents », tel est le rôle de ce personnage peu enclin à la diplomatie, même si il fait mine de la clamer tout au début de son intervention. Le ministre de la défense est un homme austère au caractère trempé. De formation militaire ne craint point l’ONU. Le morceau prend fin sur une injonction à la soumission de gré ou de force, « Rendez-vous au prochain coup d’Etat ».